lundi, 25 mai 2009
Animaux dessinés d'après nature. N°20
La nature est un champ d'observation prodigieux pour qui sait regarder et observer avec un peu d'attention ce qui se présente au regard. Les animaux, malgré leur mobilité et leur peu d'aptitude à accepter de prendre la pose, sont un sujet tout à fait sympathique pour qui veut exercer son talent de dessinateur soucieux de travailler sur le vif. En ce qui me concerne, et bien que je ne me soit pas spécialisé comme artiste animalier, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à m'essayer dans cette discipline à la ferme d'un oncle, agriculteur près de Vernon, au jardin des plantes et tout simplement chez mes parents où il y avaient des chats.
Avec un carnet de croquis et un crayon un bon dessinateur se doit d'essayer de reproduire tout ce qui peut attirer sa curiosité. Lorsqu'il s'agit d'objets statiques, il aura tout son temps pour faire sa construction et de revenir en arrière en s'aidant de la gomme ou de la règle. Face aux animaux, c'est autre chose car, le croquis une fois commencé, l'animal n'ayant aucune obligation envers vous se met à bouger et votre dessin en restera là. Il faut donc s'armer de patience et choisir un moment où celui-ci se sent détendu et semble oublier votre présence. Cela explique pourquoi leurs mouvements sont difficiles à capter. Le meilleur exemple est celui du cheval au galop dont les positions des pattes n'ont jamais pu être décelés par un oeil humain avant l'invention du fusil à images de Murbridge à la fin du XIXème siècle, alors que le cheval faisait partie de la vie de chacun, comme aujourd'hui, l'automobile.
L'avantage, dans les zoos, c'est de mettre les animaux sauvages dans une position de prostation quasi permanente, souvent due aussi à la digestion. Il est alors relativement facile de les croquer dans des situations qui leur sont familières avec un réalisme qui ne s'invente pas, pour les fauves comme pour les oiseaux. Les singes eux, sont plus actifs et s'occupent le plus souvent de leurs affaires de famille sans se préoccuper de ce qui se passe derrière leurs barreaux. C'est une certaine forme de liberté reconquise.
J'incite tous les amoureux des animaux et de la nature en général de les observer dans le détail et de chercher à les fixer sur le papier au crayon, au pastel dans l'insaisissable de leur vie quotidienne.
Vous pouvez feuilleter mes croquis pris sur le vif dans l'album ci-dessous :
Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
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lundi, 23 mars 2009
Dessiner dans les musées. N°11
Les oeuvres d'art exposées dans les musées sont mises à la disposition du public afin de satisfaire un besoin de se cultiver et de former son goût pour les beaux objets. Elles sont là aussi afin de permettre aux étudiants en art plastique de copier les sculptures et d'exercer ainsi leur sens de l'observation et des proportions suivant leur goût et leurs aspirations sans s'obliger à fréquenter un atelier limité par les plâtres acquis. Celui-ci est par contre incontournable pour l'étude du modèle vivant, un sujet que je traiterai ultérieurement.
Avant d'être étudiant à Estienne je m'exerçais déjà à dessiner dans les musées étant plus attiré par la figure humaine que par le paysage qui demande moins de précision au niveau du trait. La valeur des ombres m'intéressait plus que la couleur par soucis de la recherche du volume, indispensable pour donner du relief aux objets. Cela pour en déduire que l'école impressionniste est plus coloriste que graphiste et que ces deux tendances se complètent dans l'absolu chez les artistes qui sont doués à la fois pour le dessin et pour la couleur, ce qui est assez rare Toulouse Lautrec était meilleur graphiste que peintre ainsi que Picasso. Cézanne pêche beaucoup par son dessin mais quel coloriste. Par contre Degas et Renoir, voire même Van Gogh, réunissent les deux qualités.
Je suis allé jusqu'à retenir un chevalet pour dessiner au musée du Louvre, dans les salles de sculpture antique à l'heure du déjeuner, alors que je travaillais au Prisunic du Louvre pendant les vacances, deux années de suite. C'est un excellent exercice, un peu intimidant au début par le passage permanent des touristes puis la satisfaction de les voir réagir par des encouragement et même de l'admiration. Par la suite je suis souvent retourné au Louvre pour y dessiner, sur des carnets de croquis, de petites sculptures du Moyen-Age qui sont de réels chefs-d'oeuvre trop méconnus dans des salles peu visitée alors.
Le musée des monuments français était près de chez moi aussi j'allais y dessiner sur des groupes de sculpture de grandeur réelle. Puis j'ai utilisé mes carnets de croquis à la quête de documentation sur les costumes et les uniformes militaires, les objets anciens, aux Arts Décoratifs, au musée de l'Armée, au Musée de l'Homme, au musée Guimet, aux Arts et Traditions populaires. Que de possibilités pour les artistes existent à Paris.
C'est la même chose lors de mes déplacements en province et à l'étranger, voyages un peu courts pour passer tout son temps à dessiner, mais la récolte est toujours bonne (voir mon dossier N°9 sur Florence).
Vous pouvez consulter quelques-unes de mes illustrations en feuilletant l'album ci-dessous :
Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
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lundi, 17 novembre 2008
L'étude documentaire. - N°41

L'étude documentaire est, pour l'artiste graphique, le meilleur moyen d'exercer ses capacités d'observation et de les transposer graphiquement par le dessin, la gouache, voire même la peinture à l'huile. L'expression ultime de l'étude documentaire est le trompe-l'oeil composé avec des objets usuels, sans oublier les natures mortes où le réalisme peut aller jusqu'au palpable comme le veut la légende des grappes de raisin peintes par Zeuxis et que venaient picorer les oiseaux trompés par leur naturalisme. L'étude documentaire fait appel uniquement à l'observation minutieuse des choses vues sans faire appel à l'imaginaire. C'est une toute autre façon d'aborder la sensibilité artistique puisque le cérébral n'intervient pas. C'est uniquement un dialogue entre l'oeil et la main mais le résultat peut cependant faire passer quelque chose avec celui qui regarde après une interprétation qui peut toucher la sensibilité.
Il y a d'abord le choix de la mise en page et la réunion réfléchie des objets entre eux. Ensuite vient la texture graphique ou picturale de ces objets qui donnent une idée du caractère ou de la virtuosité de l'artiste. La représentation de copeaux de bois ou la volute de rubans sera plus ou moins bien perçue suivant l'habileté et la perception de chacun. il y a qu'à voir la différence qui existe entre les peintres animaliers qui peuvent être excellents ou très médiocres, tout comme chez les peintres de botanique, l'un pouvant rendre sensible une feuille et un autre la rendre terne.
Pour voir quelques exemples de mes études documentaires vous pouvez feuilleter l'album ci-dessous :
Le Dossier N°42 de la semaine prochaine aura comme sujet : Mythologie et guerre de Troie.
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
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lundi, 27 octobre 2008
Bijoux et décorations - N°38

La maquette de bijoux se pratique à la gouache, en manière de trompe-l'oeil, sur du papier coloré. Je n'en ai pas fait beaucoup parce que c'était très mal payé mais ce travail me plaisait beaucoup. Pensez donc que vous transcrivez sous la forme d'une image le bijou que vous ne pourrez jamais acquérir alors que vous l'aviez rêvé. Il faut,évidemment, savoir tenir compte de la possibilité technique de sa réalisation. C'est là où l'artisan tient la dragé haute à l'artiste qui plane au dessus de ces problèmes pour lui, d'ordre secondaire. Je présente dans mon album à feuilleter ci-dessous trois maquettes qui n'avaient pas été retenues mais que j'aime bien.
Les décorations civiles et militaires, vulgairement appelées "les hochets de la gloire", sont les cousins germains des bijoux. Elles sont généralement plus appréciées par les hommes qui les préfèrent au collier ou au pendentif ; les bijoux des hommes. Etant enfant j'aimais beaucoup me glisser dans le salon de mes grands-parents pour jeter un regard de curiosité dans une vitrine où se trouvait une panoplie de décorations ayant appartenu à trois générations de mes aïeux, deux militaires et un diplomate. En 1957, j'ai eu envie de les dessiner sur un petit carnet à feuilles quadrillées. C'est le résultat de ce relevé fait d'après nature de quelques unes de ces décorations que je présente aussi aujourd'hui dans mon dossier alors que tout l'ensemble de cette panoplie a été dispersé par voie de succession. Cette passion pour les décorations m'a incité, par la suite, à réaliser une plaquette sur les décorations du monde officiellement reconnues jusqu'en 1914.
Le Dossier N°39 de la semaine prochaine aura comme sujet : Peintures et aquarelles récentes.
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
14:00 Publié dans Dessins d'observation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bijoux, décorations, médailles
lundi, 16 juin 2008
Travaux d'atelier, fusain, gouache. - N°33

Ce dossier fait suite à mon dossier N°11 consacré aux dessins faits dans les musées. Il s'agit, aujourd'hui, de vous présenter mes dessins et gouaches réalisés dans l'atelier de dessin et de peinture d'Estienne de 1959 à 1962 sous la houlette d'Albert Flocon reconnu comme excellent graveur et théoricien de cette discipline qu'il enseigna ensuite aux Beaux-Arts. Il était aussi notre professeur d'Histoire de l'Art. Sous un aspect quelque peu sévère (il avait vécu des épreuves difficiles, en Allemagne, pendant la guerre) Albert Flocon avait l'esprit fantaisiste de l'artiste qui pense à son art avant le quotidien. C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés, un jour, avec un modèle féminin et un jeune garçon avec sa maman. Le modèle ne s'est pas déshabillé. La gouache ci-dessus représente un de mes camarades tenant la pose le bras appuyé sur sa boîte de peinture qui ne lui a pas servie ce jour-là. Le buste d'Alexandre, à son côté, le laisse indifférent.
Sur mon album vous pourrez voir d'autres gouaches faites d'après des modèles habillés en costumes hongrois et espagnols, en tenue de danse, mais aussi des musiciens et, bien-sûr, des nus le plus souvent traités au fusain ou au crayon, croquis rapides et études plus poussées, à la gouache. Ce type de dessins d'observation pris sur le vif est la façon la plus efficace d'atteindre une bonne maîtrise des proportions du corps humain et le sens du mouvement par une bonne compréhension des articulations.
Pour voir mes dessins et gouaches feuilletez l'album ci-dessous :
Le Dossier N°34 de la semaine prochaine aura comme sujet : L'illustration de livres.
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
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lundi, 09 juin 2008
Chevaux et cavaliers. - Dossier N°32

Le cheval n'est plus dans notre quotidien comme il l'était avant l'invasion de l'automobile qui se qualifie encore de nos jours en chevaux vapeur. L'esthétique de la voiture séduit une multitude d'adeptes par sa forme comme par sa couleur. Au temps passé, le cheval était jugé sur les mêmes critères : les proportions de l'animal, la couleur de sa robe, sa rapidité, son endurance. La seule grande différence est qu'il était plus facile à nourrir avec de l'avoine, un produit naturel et beaucoup plus économique que l'essence.
Quant au cavalier, l'harmonie était était aussi parfaite qu'aujourd'hui le conducteur avec son véhicule. Il y avait le cavalier casse copup et dangereux, monté sur un cheval de sang, nerveux et rapide, l'élégant soucieux de se montrer aux dames roulant calèche sur un cheval svelte mais docile. Mais aussi l'homme corpulent et posé, de la ville comme de la campagne, qui préfère le petit trot sur un cheval épais et confortable. N'oublions pas les élégantes montant de fins alezans qui mettaient en valeur leur tenue d'amazone.
Le tableau ci-dessus, qui représente un épisode de chasse au sanglier à l'époque de Charles IX et c'est le roi lui-même qui affronte l'animal à l'épieu, a été imaginé et composé dans ma tête lors d'une garde à la caserne Dupleix (ancienne caserne d'un régiment de cuirassiers). La toile, restée à l'état de pochade, a été réalisée à ma permission suivante, d'un seul jet. Ce sont mes observations antérieures du cheval qui m'apermis de les positionner sans aucun modèle sous les yeux. S'ils ne sont pas parfaits aux yeux d'un cavalier expérimenté, je pense qu'ils ont bonne allure saisis dans des poses habituelles. Par la suite, j'ai eu souvent à dessiner des chevaux de bataille faisant corps avec leurs cavaliers aux uniformes réglementaires dans les régiments de cavalerie. Ce sont des exemples de ce type que vous pouvez voir dans mon album en cliquant deux fois sur l'image ci-contre :
Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.
Alain de JENLIS
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