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mardi, 26 février 2013

Mon carnet de voyage à Florence.

carnet de voyage

   En 1961 j'avais vingt ans et, pour marquer ce moment mémorable de mon existence, j'ai eu la chance de me voir attribuer, en fin de troisième année à Estienne, un prix d'excellence comportant un séjour de deux semaines à Florence, un peu comme un modeste prix de Rome remporté à la pointe de mon crayon et de mes mérites ce qui engendra un sentiment de jalousie de la part de mes camarades de promotion qui se demandaient encore l'année suivante pourquoi moi plutôt qu'eux. Je fus d'ailleurs le dernier bénéficiaire de ce prix dont je vous présente ici les résultats, croquis, dessins, gouaches réalisés lors de mon séjour dans cette superbe ville, berceau des plus grands artistes de la Renaissance italienne.

   Rien n'est plus émouvant que de découvrir une ville d'art comme Florence où le cœur de la cité s'est figé à l'époque de Laurent le Magnifique avec tout ce qui s'est fait alors, union parfaite entre l'architecture, la sculpture, la peinture et les arts décoratifs. Tout cela n'a pas bougé et, pour les créateurs d'image, quelle stimulation !

   Pour ma part, je n'ai pas cessé de courir à droite et à gauche à la recherche des trésors, plus beaux les uns que les autres, comme les grands sanctuaires que sont les fresques de beato Angelico à san Marco, les sculptures de Michel-Ange à san Lorenzo et à l'Academia, les chefs d'œuvres réunis à la Badia, aux Offices et au Palais Pitti, mais aussi la chapelle des Brancacci avec ses Masaccio ou le Palais Riccardi Medicis et sa superbe procession de Gozolli. Mon camarade, lauréat de la section typo (c'est lui qui est assis à gauche sur ma vue générale de Florence), était, lui, chargé d'écrire un journal. Il avait un peu de mal à suivre mon rythme, surtout à l'heure de la sieste que j'ignorais pour ma part.

   Vous comprendrez que je n'avais pas le temps de planter un chevalet que, d'ailleurs, je n'avais pas. Par contre un grand carnet de croquis m'a permis de laisser des traces de ce que je voyais dans la rue mais aussi dans les musées (où j'entrais avec un laissez-passer que m'avait remis, en main propre, le conservateur des Offices) ou les églises qui regorgent de tant de belles œuvres signées des plus grands artistes de cette époque exceptionnelle où la symbiose était aussi parfaite entre les mécènes, grands seigneurs (plus souvent attirés par la poésie et la musique que par les finances qui n'étaient pas, pour eux, le seul but à atteindre) et ecclésiastiques extrêmement cultivés, et les créateurs dans tous les domaines des arts plastiques qui n'en étaient que plus productifs. La majeure partie de ces dessins est présentée dans mon album en haut à droite, vues rapides tracées au feutre et dessins au crayon, plus poussés, pour apporter un peu de l'illusion du relief qu'expriment toutes ces sculptures aux dimensions le plus souvent impressionnantes pour qui ne les a pas encore vues, la plus remarquable étant le Moïse de Michel-Ange, qu'il faut aller voir à Rome.

   Je logeais dans une pension derrière Sainte Marie des Fleurs dont la terrasse, où nous prenions les repas, dominait une place avec un cinéma en plein air. Chaque soir, pendant le dîner, nous avions un nouveau film ce qui était très bien. Par contre après dix heures du soir, il y avait une seconde séance ce qui était un peu gênant pour s'endormir surtout lorsqu'il s'agissait des travaux d'Hercule ou des combats de Samson contre les Philistins. Nos voisins de terrasse ne prêtaient aucune attention au cinéma pour la raison qu'ils étaient tous sourds-muets et communiquaient entre eux avec les mains. De ma chambre j'avais une belle vue sur la colline de San Miniato que vous pouvez admirer en couverture de mon album.

   La mode est, aujourd'hui, aux carnets de voyage. Je pense que mon travail réalisé à Florence il y a cinquante et un ans pourrait bien répondre à un sujet aussi riche que la visite de Florence à l'attention de ceux qui ne connaissent pas encore ce haut lieu de la vie artistique européenne et à rappeler de bons souvenirs à ceux qui en ont gardé la nostalgie.

   Voici quelques croquis et dessins faits lors de mon séjour à Florence :

   Il vous est aussi possible de me commander un exemplaire de mon Carnet de voyage réunissant l'ensemble de ces études (40 croquis et dessins et 3 gouaches) au prix de 15€ (voir l'album "Mes recueils..." dans la colonne de gauche).

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes œuvres.

                                   Alain de JENLIS