lundi, 19 janvier 2009

Uniformes de la Maison du Roi. - N°12

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   La Maison du Roi, comme plus tard la Garde Impériale, réunissait les troupes d'élite de l'armée royale, responsables de la sécurité du souverain et qui bénéficiaient des uniformes les plus beaux et les plus représentatifs vis-à-vis de la Cour parmi laquelle ils évoluaient et des Cours étrangères avec le soucis de les impressionner par leur magnificence et leur valeur au combat.

   Cette garde existait d'une manière réglementaire depuis Charles VII qui avait réuni autour de sa personne des hommes sur qui il pouvait compter, la France étant alors divisée en de multiples chapelles. Le roi fit donc confiance à des mercenaires écossais pour sa garde personnelle. Il était sûr qu'ils ne seraient pas proanglais. Cette garde écossaise, ainsi que la garde Suisse choisie par François 1er, allait être présente auprès de nos rois jusqu'à la fin du règne de Charles X en 1830. Ce sont eux qui constituaient les compagnies des Gardes du corps du Roi, dont la plupart des capitaines commandants portaient des noms étrangers, Suisses ou Ecossais.

   Henri IV est à l'origine des belles compagnies de chevau-légers et de gendarmes du roi recrutés parmis ses compagnons du Béarn qui le protégeaient pendant les combats qu'il dut engager, en tant que roi de Navarre, à la conquête de sa couronne qui lui revenait de droit à la mort de Henri III. Louis XIII crée, lui, les deux compagnies de mousquetaires immortalisées par Dumas. Ces quatre compagnie furent dissoutes par Louis XVI par soucis d'économie puis reconstituées, en 1814, par Louis XVIII pour être supprimées définitivement l'année suivante. Les compagnies de Gardes du corps du roi avaient le pas sur ces compagnies et sur les compagnies de Garde Française à pied qui avaient un rôle de surveillance des palais royaux, bien loin de la famille royale.

   Louis XIV, grand organisateur, réglemente sa Garde et ses administrateurs civils sous le nom de Maison militaire et civile du Roi, même chose pour les Maisons des princes du sang. Louis XV, homme raffiné et élégant va faire en sorte que son armée soit la plus belle d'Europe par des ordonnances sur les tenues qui serviront de critère pour celles qui suivront sous l'Empire, sous la Restauration, la Monarchie de Juillet et le Second Empire.

   Le résultat en sera des uniformes d'une coupe et d'harmonie de couleurs irréprochables pour le plaisir des peintres d'histoire et des collectionneurs, mettant en avantage des hommes qui n'étaient pas forcément beau mais qui pouvaient ainsi prétendre à conquérir les coeurs des dames et des jeunes filles venus assister aux défilés militaires très fréquents à une époque ou l'armée avait un rôle social très important et populaire, symbole d'une nation indépendante et fière.

  Voici, dans mon album à feuilleter ci-dessous, quelques études et planches d'uniformes de la Maison du Roi que j'ai réalisées depuis que je m'intéresse tout particulièrement aux uniformes :

   Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 14 avril 2008

N°24-Uniformes des sapeurs-pompiers.

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   Les premiers groupes d'intervention de sapeurs-pompiers organisés en France furent les soldats des galères de Marseille dont une des fonctions était d'éteindre les foyers d'incendies pouvant survenir dans la ville. Aujourd'hui les sapeurs-pompiers de Marseille font toujours partie du corps de la marine suivant une tradition qui remonte à la fin du règne de Louis XIV. Il faudra cependant attendre l'incendie de l'ambassade d'Autriche en 1810 pour que Napoléon décide de la création d'un corps permanent d'intervention en cas de sinistre dans la capitale. Puis peu-à-peu les conseils municipaux des grandes villes organiseront leur propres services de sécurité et les équiper de matériels afin de lutter rapidement et efficacement contre les incendies, tuyaux d'arrosage, pompes, équipages pour transporter les hommes... et les échelles, avec leurs chevaux et, bien-sûr la cloche pour signaler leur passage.

   En 1980, j'avais mis au point un système de fiches documentaires afin de présenter les uniformes de l'armée française, spécialisé sur l'époque des deux Restaurations (1814-1830). La présentation d'un uniforme vu de face, de dos et de profil permet d'observer le moindre détail alors qu'un simple personnage n'en montre qu'un aspect. D'autre part je présente le costume seul, sans le visage ce qui mepermettait de couper une manche, par exemple, afin de montrer le détail d'un ceinturon ou d'une bélière.

   A la vue de ces fiches, un éditeur m'a demandé d'appliquer mon modèle de fiches pour la présentation des uniformes des sapeurs-pompiers de France mettant à ma disposition de la documentation de première main m'évitant ainsi une recherche qui m'aurait fait perdre beaucoup de temps et des risques d'erreurs, ce que j'avais connu pour les uniformes de la Restauration, période plus jamais exploitée depuis la fin du XIXème siècle (Vanson, Detaille, Moltsheim, Malibran).

  Je présente, dans mon album de cette semaine, la série de planches que j'ai réalisée pour cet éditeur qui à malheureusement disparu alors que nous avions prévu beaucoup d'autres planches, le sujet des sapeurs-pompiers étant beaucoup plus vaste et leur équipement ayant, depuis, encore bien évolué, le casque de Paris par exemple.

Quelques planches sur les uniformes des sapeurs-pompiers sont encore disponibles. Me consulter sur mon e-mail dejenlis.alain@club-internet.fr

Le Dossier N°25 de la semaine prochaine traitera de Maquettes de papiers à lettre.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 18 février 2008

Dessiner armes et uniformes dans les musées militaires. N°17

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   J'ai passé pas mal de mon temps dans les musées militaires et les bibliothèques à faire de nombreux dessins et croquis d'après les mannequins habillés d'uniformes authentiques et relever des documents anciens dignes d'intérêt.

   Adolescent, par goût de l'histoire, j'étais très attiré par l'archéologie et plus particulièrement par l'égyptologie, une science inventée par la campagne fulgurante de Bonaparte en Egypte. Et puis l'étude de l'épigraphie égyptienne a fini par me lasser, malgré les multiples petits dessins qui en composent les caractères. Les textes pompeux sont trop longs pour construire une phrase qui aurait été formée de six mots en français. D'autre part le dépaysement dans la chronologie de l'Histoire me mettait trop en marge de notre temps. Pour cette raison j'ai préféré me retrouver en France à des époques qui ont fait notre histoire, de Louis XI à Napoléon III, époques où vécurent mes ancêtres et souvent sous l'habit militaire.

   C'est bien le prestige de l'uniforme qui m'a incité à faire de l'archéologie militaire car c'est vraiment une science que de chercher à reconstituer les uniformes des régiments du passé qui étaient définis par des réglements mais pas toujours réalisés avec exactitude pour des raisons de temps ou de moyens.

   C'est donc dans les musées militaires et dans les bibliothèques que l'on peut parvenir à reconstituer un puzzle où chaque pièce, habit, boutons, parements, couleurs, équipement, armement, a son importance pour la reconstitution d'un uniforme spécifique à un régiment, à une date donnée. Le musée de l'Armée et sa bibliothèque, à l'Hôtel des Invalides à Paris, fut l'endroit que j'ai fréquenté le plus souvent pour mes premières recherches car je suis parti sur le principe d'observer des pièces authentiques pour constituer un uniforme avec une méfiance particulière quant aux gravures ou illustrations réalisées ultérieurement par des artistes pas toujours très bien documentés sur le sujet traité, même par des militaires. Les peintures du général Lejeune, qui illustrent les batailles de l'Empire qu'il avait vécues, semblent encore plausibles bien que certaines aient été peintes trente ans après les événements avec une multitude de détails qui forcent l'admiration. Mais Lejeune est un cas d'exceptionl par rapport aux générations suivantes qui ont traité les mêmes sujets.

   Pour ma part, je me contente des uniformes et des armes encore existants, présentés dans les musées militaires, les salles de tradition des régiments et des écoles militaires lorsque l'on peut y accéder. Dans les bibliothèques spécialisées j'y trouve les textes des historiques régimentaires et des ordonnances sur l'habillement ainsi que les endrois ou les régiments étaient casernés, en France ou en Afrique du Nord. La période de l'Empire ayant été abondamment traitée par des artistes comme Rousselot, Lelièvre ou Rigo, j'ai orienté mes recherches sur les uniformes de la Restauration (1814-1830), période où les uniformes furent particulièrement soignés et magnifiques.

   Je présente dans l'album ci-dessous différentes feuilles d'étude et relevés d'après des documents anciens qui m'ont servi pour la réalisation de mes planches documentaires sur la Restauration et les sapeurs pompiers réalisées il y a plusieurs années ce qui ne m'empêche pas de continuer mes recherches aujourd'hui sur un éventail plus large, particulièrement sur l'Ancien Régime et les troupes d'Afrique.

   Le Dossier N°18 de la semaine prochaine traitera d'Une galerie de portraits de famille.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS