lundi, 01 juin 2009

Maquettes de couvertures de livres. N°22

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   Maquetter des couvertures ou des jaquettes (1ère plus dos et 4ème de couverture en une seule illustration) de livres m'a toujours intéressé parce qu'il faut faire appel à la fois à son imagination et à sa mémoire pour traiter des thèmes historiques et littéraires. Il faut résumer en une seule image plusieurs centaines de pages écrites racontant une histoire pouvant durer plusieurs années et mettant en scène de nombreux personnages. C'est la symbolisation d'un thème où il faut plutôt créer l'atmosphère que résumer un ensemble sur une seule image. Une histoire psychologique est évidemment plus difficile à visualiser qu'une aventure anecdotique. Un bon dessinateur de personnages saura mieux créer une couverture sur un ouvrage de Dumas que sur un traité de Freud qui inspirera plus un créatif à l'esprit surréaliste.

   J'ai eu l'occasion de travailler à l'Atelier Pierre Faucheux qui acquit, dans les années 60, le monopole de la concepion des jaquettes du Livre de poche. Je regrettais que la performance de l'illustrateur au bon coup de crayon fut remplacé par l'utilisation de documents découpés et traités en montages, ce qui faisaient cependant forte impression auprès des lecteurs. Ce fut la fin d'une technique que je privilégiais alors en m'y exerçant avec les maquettes que vous pouvez découvrir ici sur l'album à feuilleter ci-dessous:

   Depuis les éditeurs, essentiellement pour la jeunesse, sont revenus sur ce système et font appel à des illustrateurs talentueux qui ne renient pas leurs anciens prédécesseurs malheureusement bien oubliés aujourd'hui au profit des dessinateurs de BD qui étaient tout aussi méritants.

   Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                            Alain de JENLIS

lundi, 23 février 2009

La légende de la Cité d'Ys. - N°2

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   En 1978 j'ai eu envie d'illustrer l'histoire de la Cité d'Ys qui disparut, engloutie, dans la baie de Douarnenez, symbolisant le triomphe de la Bretagne christianisée sur les diaboliques traditions ancestrales du monde Celte. L'idée m'en avait été donnée à la lecture d'un récit original et descriptif de la légende écrit par Charles Guyot, édité par H. Piazza en 1926. Voici le résumé de la légende de la Ville d'Ys que j'avais projeté d'illustrer en 10 planches dessinées à la plume au format 30 x 40 cm :

Planche N°1 - La rencontre de Gradlon et de Malgven. Au Vème siècle, Gradlon, roi de Cornouaille arme cent vaisseaux à la conquête de riches villes, très haut dans un pays du Nord. Après deux mois de siège d'un vieux bourg, ses barons, lassés, repartent vers Quimper. Resté seul sur la plage Gradlon se trouve face à face avec Malgven reine du Nord qui se présente toute armée pour le combat. Le roi Gradlon tombe immédiatement amoureux de la reine. Ils tuent l'époux endormi, prennent le trésor et regagnent la nef de Gradlon sur Morvark, un cheval merveilleux marchant sur la mer.

Planche N°2 - Les funérailles de Malgven. Sur le chemin du retour vers la Bretagne, qui dura un an, la reine Malgven meurt en donnant naissance à leur fille Dahut. Le roi Gradlon, éploré avec le bébé dans ses bras, assiste aux funérailles de Malgven, immergée dans sa tenue de bataille sous le flan du bateau.

Planche N°3 - Gradlon offre la Cité d'Ys à Dahut. Le roi Gradlon, qui a été converti au christianisme par Saint Ronan et Saint Corentin, a fait bâtir des églises et des couvents. Sa fille Dahut, restée fidèle aux dieux Celtes en souvenir de sa mère, demande à son père de lui faire construire une ville au bord de la mer où elle ne sera pas importunée par le son des cloches et des litanies. Le roi Gradlon finit par céder à son caprice et lui offre la Cité d'Ys construite en secret.

Planche N°4 - Dahut invoque Teutatès. A l'insu de Dahut, saint Corentin a convaincu le roi Gradlon de faire construire une église, en trois jours, sur la grand place d'Ys. Dahut se rend de nuit, à l'île de Sein et réclame aux prêtresses de Teutatès la construction d'un palais dominant sa ville, de digues retenant la mer fermées par des portes de bronze.Ses voeux sont aussitôt exaucés avec l'aide des elfes et des korrigans. Le lendemain Dahut remet les clés d'argent des portes de bronze à son père.

Planche N°5 - Le bain nocturne de Dahut. - Grâce aux prières de Dahut, les habitants de la Cité d'Ys sombrent dans l'opulence et la débauche malgré les interventions de Saint Guénolé auprès du roi Gradlon aveuglé par l'amour qu'il porte à sa fille. Celle-ci est maîtresse de l'Océan et savoure,chaque nuit, son triomphe, caressée par les flots dociles.

Planche N°6 - Les morts d'Amour pour Dahut. Princes et cavaliers fameux viennent en foule mettre leur fortune et leur coeur aux pieds de Dahut. Insensible et méprisante la fille du roi Gradlon les laisse s'entre-tuer afin de fournir à l'Océan, au lever du jour, un cadavre précipité dans le gouffre de Plogoff près de la pointe du Raz. Excédé, Saint Guénolé maudit la Cité d'Ys.

Planche N°7Arrivée de l'Etranger Rouge. Un matin, un étrange seigneur, tout de rouge vêtu, pénètre dans la ville sur un destrier de feu. Dahut est aussitôt éprise d'amour pour lui et les querelles des prétendants s'amplifient dans toute la Cornouaille, mettant tout le pays à feu et à sang. 

 Planche N°8 - Le branle des trépassés. Le bon chevalier Kébius et ses fils Hoel et Rivelin provoquent l'Etranger Rouge en combat singulier mais ils sont terrassés par ses pouvoirs maléfiques. Le soir, leurs cadavres mutilés dansent un branle infernal dans le palais de Dahut, entrainant tous les convives envoûtés dans les ténèbres de la nuit.

Planche N°9 - Dahut dérobe les clés d'argent à Gradlon. Pour conserver l'Etranger Rouge dans ses murs, Dahut doit lui remettre les clés d'argent que son père porte constamment attachées à son cou. Elle dérobe les clés pendant le sommeil de Gradlon et les remet à l'Etranger Rouge qui disparaît aussitôt dans un fracas de tonnerre. L'Océan, jaloux et furieux d'avoir été délaissé par Dahut, s'engouffre dans la ville par les portes de bronze laissées ouvertes.

Planche N°10 - Le triomphe de Saint Guénolé. Le roi Gradlon n'a que le temps d'enfourcher Morvark pour le ramener sur la terre ferme en essayant, toutefois, de sauver sa fille la mettant sur la croupe de son cheval qui semble alors paralysé par cette surcharge. Saint Guénolé intervient et incite Gradlon à repousser sa fille. Devant l'indécision du roi il touche Dahut de son bâton. Celle-ci est engloutie par l'Océan qui s'apaise permettant au roi de regagner le rivage. Derrière lui la Cité d'Ys disparaît jusqu'au Jugement Dernier.

   On aura reconnu Lucifer dans le personnage de l'Etranger Rouge qui incarne à lui seul tout ce qui n'était pas chrétien, symbole du paganisme et de tout ce qui représente le mal, contre lequel luttaient tous les saints évangélisateurs bretons venus d'Irlande. C'est, en définitive, toute une culture qui en chasse une autre en confrontant le surnaturel et les miracles, des phénomènes qui ne s'expliquent pas.

   Je n'ai pas réalisé l'ensemble de mon programme mais les cinq planches abouties méritent d'être présentées à votre appréciation.

   A vous d'en juger en feuilletant l'album ci-dessous :

   Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                            Alain de JENLIS

lundi, 09 février 2009

Un duel sous Henri III. - N°6

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   Ce dessin au fusain représente l'issue du duel qui eut lieu le 27 avril 1578 à Paris entre trois mignons du roi et trois mignons du duc de Guise. Deux gisent morts sur le terrain, deux autres, dont Jacques de Caylus favori du roi, mourront de leurs blessures, un cinquième est grièvement blessé à la tête. Seul Charles d'Entragues reste debout très légèrement blessé. Le sujet de mon propos n'est pas de décrire ce combat pour l'honneur d'un prince, particulièrement meurtrier, tellement bien écrit par Alexandre Dumas dans la Dame de Montsoreau,  mais d'étudier la mentalité de ces hommes dans le contexte de cette époque brutale de notre histoire, l'utilisation d'armes blanches alors particulièrement redoutables, sans comparaison avec les armes blanches d'aujourd'hui ainsi que quelques réflexions sur le vêtement masculin de l'époque.

   La guerre de Cent ans, terminée depuis plus de cent vingt ans, avait obligé la société seigneuriale française à éduquer les enfants mâles dans la perspective d'en faire des guerriers accomplis, rompus dans l'exercice des armes et de l'équitation. Le temps des tournois était passé de mode depuis la mort brutale de Henri II mais l'arme blanche était un passage obligatoire afin de permettre aux jeunes gens de sang noble de défendre leur droit et l'honneur, issu de l'esprit de la chevalerie, de leur famille ou de leur suzerain (souverain). Ces hommes, sans être incultes, mettaient en priorité le métier des armes auquel ils s'exerçaient quasi quotidiennement sous l'enseignement des meilleurs maîtres d'arme d'Europe, apprenant les techniques les plus sophistiquées venues d'Italie, d'Espagne ou de Bohême ce qui pouvait prendre l'adversaire par surprise. Le coup de Jarnac pour défendre l'honneur de François Ier en était un éclatant témoignage alors que son adversaire lui était supérieur en combativité. L'éducation culturelle et musicale n'était pas leur fort, réservée aux jeunes filles qui devenues femmes pouvaient avoir une bonne influence sur leurs époux. Par contre, dans le souci de plaire au cours des nombreux bals que donnait notament la reine-mère Catherine de Médicis, venue en France avec une immense fortune et le goût italien, ces jeunes gens de bonne famille se dépensaient sans compter dans leurs parures vestimentaires, le plaisir de la danse mettant en valeur leur désir de paraître et montrer la puissance de leur corps sans ambiguité. C'est à Michelet que l'on doit une image trouble et effeminée de ces hommes que l'on n'aurait pas aimer avoir comme adversaires dans un combat singulier à cette époque où tout était prétexte à de telles rencontres meurtrières : religion, parti pour un prince, amour, honneur public et privé.

   Pour ce qui est des armes blanches utilisées, il ne s'agit pas d'épées comme on l'entend aujourd'hui, mais de fortes rapières issues d'une longue évolutions d'armes d'hast qui permettaient aux piétons, dans les combats du Moyen-âge, de désarçonner les cavaliers protégés par leurs armures et de les égorger au sol. Ceci explique pourquoi ces terribles breteurs combattaient avec une dague à main gauche, cette dague étant portée dans son étui, à la ceinture derrière le dos, arme sournoise par excellence puisque apparaissant le plus souvent lorsque l'adversaire ne s'y attendait pas, concentré sur son escrime faite de coups d'estoc et de taille découlant de la pratique de la pique et de la hache encore d'usage cent ans plus tôt.

   Il me faut aussi vous faire remarquer que le vêtement masculin de cette époque est parfaitement adapté au combat à l'arme blanche, l'ampleur des manches pour parer les coups aux bras, le justaucorps qui est comme un plastron de cuirasse avec son arrête médiane pour dévier l'arme vers la droite ou la gauche. Les hanches sont aussi protégées contre les coups de taille en biais. l'ensemble de ce vêtement est en quelque sorte la matelassure portée sous la demie armure en usage dans les batailles à cette époque. Les jambes sont libres pour une bonne aisance dans les mouvements. Les seuls points sensibles sont les mains le plus souvent protégées par des gants et le cou couvert par un simple collet montant ou la fameuse fraise plus décorative que protectrise mais que l'on peut voir, sur les tableaux, portées sur la cuirasse. Si on y réfléchit bien, l'expression se parer est à double sens, à savoir  paraître beau mais aussi se protéger des coups. C'est là tout l'esprit de cette époque équivoque.

   Dans l'album de ce dossier, que vous pouvez feuilleter ci-dessous, 

vous pouvez voir, de 1 à 5, l'histoire d'un jeune seigneur agressé dans la rue par deux spadassins qui le provoquent. Son art de l'escrime lui permet aisément de surmonter l'agression sans aucun état d'âme pour la vie de ses adversaires mais en parfait praticien du combat individuel. On remarquera que sa cape tout à fait à la mode lui sert de moyen de protection en l'enroulant autour de son bras ou en s'en servant comme une capa de toréador. Suit ensuite une histoire d'honneur pour une dame calomniée, qui se résout par un duel à finalités multiples dans l'esprit de ce temps où l'élégance cotoie la mort et le sang versé et qui nous paraît aujourd'hui absurde. Autre temps, autres moeurs !!!

   Rendez-vous lundi prochain pour un autre dossier.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                            Alain de JENLIS

lundi, 08 décembre 2008

L'art de vivre au XVIII° siècle. - N°44

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   Vivre en France sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, fut certainement l'époque la plus délicieuse pour les personnes favorisées par la fortune et les privilèges de la naissance avant le grand chambardement de la Révolution. Toutes les cours d'Europe reconnaissaient un art de vivre à la française dans les domaines de la culture et du bon goût. Les artisans parisiens devaient répondre à des commandes d'orfèverie et de mobilier venues des quatre coins de l'Europe. L'exébérance parfois outrée de l'art baroque n'était pas très appréciée en France où le style rococco se suffisaitdans une continuité plus intimiste du style classique de pure tradition française. L'éducation classique se ressentait dans le comportement quotidien d'une société polie et raffinée jusque dans les moindres détails. L'esprit de curiosité connaît alors un niveau jamais atteint jusque là. Le succès de L'Encyclopédie en est la preuve. La musique et les beaux-arts étaient particulièrement à l'honneur dans les divertissements de la noblesse comme de la grande bourgeoisie qui cherchaient à en acquérir les privilèges et dans les grands offices religieux qui permettaient aux artistes de se révéler dans leur art.

   Je présente dans mon album, à feuilleter ci-dessous, des personnages type de cette société qui allait bientôt disparaitre ou s'effacer dans l'ombre tout en laissant un parfum de délicatesse et d'esprit subtil ainsi qu'un patrimoine de beaux objets qui font aujourd'hui la joie des riches collectionneurs désireux de vivre dans une ambiance raffinée et de bon goût.

   Le Dossier N°45 de la semaine prochaine aura comme sujet : Les ponts de Paris.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 24 novembre 2008

Mythologie et guerre de Troie-N°42

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   J'ai un esprit classique, c'est pour cela que j'ai longtemps puisé les images de mon imagination dans les récits de l'histoire et de la mythologie antique et de préférence grecques et romaine. C'était l'époque bénie où les artistes cherchaient à visualiser une image parfaite de l'homme s'maginait pouvoir toucher à l'immortalité. La statuaire grecque qui nous est parvenue nous donne une bonne idée de l'état de perfection atteinte. Ce devait être la même chose dans le domaine de la peinture, technique qui n'a pas survécue aux blessures du temps.

   Sans pouvoir prétendre à un tel degré de réussite je me suis éssayé à des thèmes aussi prétentieux que la représentation des dieux de l'Olympe ou les sujets qui ont fait rêver des générations de lettrés bercés de culture antique. La guerre de Troie est un de ces sujets qui demeure inépuisable, pourtant abondamment illustrée à travers les siècles depuis plus de trois mille ans.

   J'ai regroupé dans mon album un certain nombre d'illustrations que j'ai réalisées sur ces thèmes, dans lesquelles je n'ai,bien-sûr, pas pu atteindre la perfection de mes aînés mais j'y ai trouvé beaucoup de plaisirs. Vous pouvez feuilleter mon album à voir ci-dessous :

   Le Dossier N°43 de la semaine prochaine aura comme sujet : Annonces presse et affiches.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 23 juin 2008

Illustrations de presse et de livres. - N°34

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   L'illustration de presse est le plus souvent assujettie à la mise en page, habillée par le texte ou, comme ici, c'est le texte qui vient se positionner dans les blancs de l'image suivant l'esprit du metteur en page. Il y a un phénomène de mode qui est plus sensible dans la presse que dans le livre dans lequel les images sont plus carrées, plus classiques, conditionnées par une mise en page sobre afin de ne pas briser la lecture du texte avec juste une glissade de l'oeil vers une image qui lui est associée. L'illustrateur doit, bien-sûr, se plonger dans le sujet à traiter pour en ressortir la quintessence dans ses dessins suivant sa sensibilité. Les histoires pour les enfants sont bien comprises par une sensibilité féminine alors qu'un roman d'action sera mieux perçu par un amateur de voitures de sport. C'est à l'éditeur de choisir son illustrateur dont le style est le mieux adapté au sujet à traiter d'où l'intérêt du book spécialisé.

   Personellement, j'aime tout ce qui touche à l'histoire, avec les décors et les costumes appropriés, où les personnages évolues dans une mise en page dynamique sans trop rentrer dans les détails. Vous trouvere, dans mon album à feuilleter ci-dessous, quelques exemples que j'ai traités.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 19 mai 2008

N°29-La mère et l'enfant.

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   Ce dessin à la mine de plomb est un projet pour la semaine internationale de l'enfance en 1961. Il pourrait aussi bien symboliser la Fête des Mères que tous les enfants préparent pour leur maman dimanche prochain. Il est incontestable que toute l'Europe, occidentale et orientale, après avoir eu ses sources dans les mythologies antiques, perçoit le culte de la mère au travers de l'amour que la Vierge Marie de la religion chrétienne porte à son fils Jésus. Toute l'histoire glorieuse de Marie Mère de Dieu est illustrée sans discontinuer dans la statuaire du Moyen-Age puis dans la peinture gothique jusqu'à nos jours symbolisant, d'une façon détournée au profit du spirituel, l'amour que chaque maman porte à son enfant qu'elle pourrait espérer d'essence divine. S'il faut attendre le XVIIIème siècle pour que les portraits de princesses n'aient plus l'apparence de déesses antiques, l'image de la mère et l'enfant ne se désacralise vraiment qu'au début du XIXème siècle pour faire place à une sensibilité toute humaine.

   C'est imprégné de ma culture chrétienne occidentale que j'ai cherché plusieurs fois à représenter la mère et son enfant en sachant que ma propre mère m'idolâtrait et qu'étant fils unique ce que je représentais pour elle, sinon un dieu, celui qui devait être parfait d'où une transposition immédiate pour laquelle je lui serai toujours reconnaissant et je me dois de lui rendre hommage. C'est ce que je fais par ce présent dossier ainsi qu'à mon épouse qui m'a donné la joie de contempler ce même rayonnement de bonheur vis-à-vis de nos fils.

   Le Dossier N°30 de la semaine prochaine aura comme sujet : Reproduire des maîtres anciens.

   Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS

lundi, 07 avril 2008

N°23-Danses et musique.

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Danse à la Cour des Valois.

    La danse est le moyen d'expression le plus accompli pour exprimer la vitalité, la jeunesse, la joie et l'amour. C'est avec cet esprit que je me suis souvent amusé à imaginer la danse au fil du temps, un thème qui avait magnifiquement été traité par un illustrateur d'origine russe dans un numéro spécial de l'Illustration des années 30.

   Dans l'Antiquité, la danse était censée établir une relation entre les hommes et les dieux symbolisant la joie et le bonheur. C'était le cas avec Apollon dans le sens du sacré et de l'harmonie et son contraire, Dionysos, le dieu des bacchanales et de la fête débridée sur des musiques entrainantes, voire même grinçantes. Tout au long du Moyen-Age, la musique populaire entraina les villageois dans un tourbillon de danses effrénées qui leur permettait de s'exprimer librement malgré les admonestations de l'Eglise qui régentait alors toutes les expressions artistiques, arts plastiques, musique et littérature.

   A la Renaissance et sous les Valois, la musique de Cour servit d'intermédiaire entre l'Eglise et le peuple en adaptant les airs populaires à la musique d'église en réalisant un dosage subtil du sacré et du profane ce qui permettait ainsi aux danseurss de pouvoir s'exprimer par la bienséance du corps et d'élever leurs âmes. Mais attention aux danses trop "gaillardes" toujours interdites par la religion. Cette observation restera toujours valable jusqu'à la fin du XIXème siècle. Il faudra attendre la fin de la Première guerre mondiale pour que la danse se débride à nouveau sans restriction. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, la danse se codifia dans la façon de vivre de chaque Cour d'Europe où les plus grands compositeurs de musique donnent le ton et l'harmonie qui lui convient. Monteverdi, Bach et Beethoven ont sacrifié beaucoup de leur temps à la composition de musiques de danse. Puis viendront les maîtres de la valse qui n'écrivirent quasiment que cela et que nous admirons encore.

   Notre époque est le prolongement de ce défoulement opéré depuis 1920 puis une seconde fois après 1945, suite aux deux conflits mondiaux qui avaient mis en veilleuse ce besoin si humain de faire éclater sa joie de vivre. Le jazz et les danses sud américaines ont aussi beaucoup fait pour apporter de nouveaux rythmes vite adoptés par l'Europe depuis trop longtemps bridée dans un classicisme dominé par la danse de ballet qui fait encore notre admiration en tant que spectateurs. Parallèlement nous conservons aussi l'attrait des danses régionales comme en Bretagne ou au Pays Basque ainsi qu'en Ecosse et surtout en Espagne où le flamenco reste toujours aussi envoûtant. Aujourd'hui, ce sont les musiques africaines et orientales qui contribuent à l'évolution de la danse populaire à l'échelon planétaire.

   Pour voir mon album illustrant ce dossier, cliquez deux fois sur l'image ci-contre : 

  Bien cordialement à tous ceux qui me lisent et regardent mes oeuvres.

                                         Alain de JENLIS